Lefilsd'unautre

Titre: Le fils d'un autre

Résumé : Skinner annonce la nouvelle concernant William
à Mulder.

Spoiler : La Vérité - quelques épisodes de la saison 9

Adaptation et traduction de Valérie (Poormulder) d’une histoire originale de

Polly - Polly122456@yahoo.com
Website: http://polly403.tripod.com/


Disclaimer : Les personnages sous cités appartiennent à Chris Carter et à la Fox.
Je n’ai aucun droit sur eux.

Remerciements à Toomsie pour la correction et la relecture.

* * * * * * *

*Click*

Une clé qui tourne dans la serrure. Un son pratiquement
imperceptible à l'oreille humaine. Mais pour Mulder,
c'était un son plus terrifiant qu'aucun autre. Cela
signifiait une douleur imminente, l'humiliation, et
de la souffrance - la sienne.

Il avait déjà été prisonnier autrefois - et dans des
endroits pire que celui ci - mais jamais un simple
son n'avait été capable lui nouer l'estomac et de
lui mettre les jambes en coton. "Réponse conditionnée"
il se disait. "C'est pour cela qu'ils appellent ça
'lavage de cerveau'."

C'était ainsi depuis le premier jour - les bruits de
la clé dans la serrure, la porte qui s'ouvrait, la lumière crue
des néons, et une question : " à quoi tu penses ?".
Et les jeux commençaient.

Il avait tenté de résister au début, même s'il
savait que c'était futile, mais ce n'était pas
dans sa nature de se rendre sans se battre. Il
aurait du savoir, ayant essayé la même technique
sans plus de succès quand il était prisonnier du
vaisseau spatial. Les aliens ne lui demandaient
jamais ce qu'il pensait - il était pratiquement
sûr qu'ils le savaient déjà - mais leurs méthodes
de torture n'étaient pas si différentes, juste plus
sophistiquées. Les ingrédients de base étaient les
mêmes - douleur, humiliation et souffrance. Peut
être que les aliens avaient étudié les méthodes de
l'armée américaine, ou vice versa.

Les aliens l'avaient privé de sa liberté, de ses
vêtements et de sa dignité, puis ils avaient attendu
qu'il meurt. Les militaires avaient repris les trois
premiers points, et il soupconnait fort
que le cycle allait reprendre une seconde fois.

Alors pour un temps il avait essayé de jouer les héros.
Il utilisait le bruit de la serrure pour se focaliser,
se concentrer pour se préparer mentalement et
physiquement à n'importe quelles atrocités qu'ils
allaient choisir à un moment ou à un autre. Il
était resté sain d'esprit en essayant de trouver
une réponse différente à chaque fois qu'ils lui
demandaient ce qu'il pensait. Quand il avait répondu
qu'il aimerait que la matraque de son tourmenteur
se retrouve là où le soleil ne brille pas, les coups
qu'il avait reçu l'avaient presque tué.

Après cela, ses ravisseurs avaient accentué leurs efforts ,
lui ôtant nourriture et eau pour arriver à
leurs fins, le laissant debout des heures pendant
qu'ils posaient toujours la même question. Quand d'épuisement
et de faim il finissait par perdre connaissance , ils le réanimaient
avec des seaux d'eau glacée, et le laissaient nu
et tremblant sur le sol gelé de sa cellule. Mais
même le sommeil était interdit, et il avait appris
que même les insomniaques ont leur point de rupture.

Il leur avait alors offert sa confession ,tous les crimes
qu'il avait pu commettre, et le fait qu'il avait échoué.
Il ne pouvait pas argumenter avec cela - il avait échoué,
dans chaque chose. Quelque soit la punition, il la méritait.

Maintenant ils avaient tout ce qu'ils voulaient :
Fox Mulder - pieds et poings liés.

Sa confession obtenue, les tortures avaient cessé.
Ils lui avaient donné à manger et à boire, et
une vraie douche avec de l'eau chaude et du savon.
Ils avaient soigné ses écorchures et ses hématomes
et lui avaient donné des vêtements propres. Ils lui avaient
prêté un rasoir et l'avaient laissé seul pour
qu'il se rase, espérant vraisemblablement qu'il
se tranche les veines ou qu'il s'ouvre la
gorge.

Il aurait peut être du, mais il ne l'avait pas fait.
Il continuait à jouer leur jeu, devenant le prisonnier
coopératif qu'ils espéraient, et ils l'avaient
laissé tranquille. Le seul visiteur régulier dans
sa cellule était Alex Krycek, qui apparaissait à
chaque opportunité dans un recoin sombre. Si le
plan était qu'il devienne dingue, c'était en bonne
voie.

Puis Scully et Skinner étaient arrivés. Une fois
que Mulder s'était convaincu qu'ils n'étaient pas
des produits de son imagination, il avait récité
les phrases qu'ils avaient implanté avec force persuation
dans son cerveau - mot pour mot, froid et sans
émotion. Il avait offert la performance de sa vie,
même s'il mourrait d'envie de prendre Scully dans ses bras
et de l'embrasser de la tête aux pieds. Merde, il
aurait pu embrasser Skinner aussi, tant il était
heureux de les voir. Mais il ne pouvait pas. Il
continuait de jouer le mort. Laisser les bâtards
penser qu'ils avaient gagné.

Sa performance avait du être brillante, méritant un Oscar.
Ce matin Skinner et Scully avaient été autorisé à le
voir dans sa cellule - sans garde, sans caméra - pour
lui dire ce qu'il savait déjà : sa vie serait bientôt
en jeu. Et lui et Scully avaient enfin eu les retrouvailles
qu'il attendait depuis si longtemps.

Il pouvait encore sentir son rouge à lèvres, son
parfum dans l'air vicié de sa cellule. Le moment
qu'ils avaient partagé ce matin lui rappelait trop
combien elle lui avait manqué tout au long de cette
année écoulée. Ce qu'il avait du abandonner pour
essayer de la protéger, elle et William.

Ses pensées de Scully et William s'effacèrent
quand il entendit la clé tourner dans la serrure et que
la porte s'ouvrit lentement. Son estomac se
contracta et sa bouche devint soudain sèche. Il
savait, dans sa tête, que les tortures n'allaient
pas continuer, mais son corps n'en était pas convaincu.
Il déglutit avec peine, s'adossa au mur, ramena
ses genoux contre sa poitrine et les encercla de
ses bras. Puis il ferma les yeux pour les protéger
de la lumière crue et attendit.

"Mulder?"

Il sourit au son de la voix familière, et plongea son
regard dans les yeux d'un ami.

" Bonjour Monsieur."

Walter Skinner entra dans la cellule et la porte
se ferma derrière lui.

" Comment allez vous, agent Mulder ?"

Mulder eut un rire étouffé. "Vous avez oublié, Walter,
je ne suis plus un agent".

"Les habitudes ont la vie dure, je suppose".

Mulder attendit pendant que Skinner traînait ses pieds
et s’éclaircissait la gorge. Il semblait nerveux et
ses yeux fixaient le sol, rien à voir avec le
directeur adjoint auquel Mulder était habitué. Après
un court moment, Mulder essaya de le mettre à l'aise.
"J'espère que vous m'avez apporté une nouvelle paire
de chaussures, Monsieur. Ces sandales sont un enfer
pour mes pieds".

Skinner le regarda enfin. "Quoi ?"

Mulder pointa du doigt l'objet que Skinner tenait
dans ses mains. "Chaussures". Skinner regarda la
boite comme s'il était surpris qu'elle se trouve là.
"Escarpins noirs taille 38", Mulder continua. "J'aime
le style, mais ce n'est pas ma taille".

Skinner secoua la tête, stupéfait que Mulder trouve
à plaisanter en dépit des circonstances. La plupart
des hommes qu'il connaissait, y compris lui même,
aurait fini en hôpital psychiatrique ou serait mort.
Mulder s'était retrouvé dans les deux situations, mais avait
survécu pour continuer à se battre pour la bonne
cause, pour la vérité. Skinner espéra que les nouvelles
qu'il devait délivrer ne seraient pas ce qui briserait
Fox Mulder une bonne fois pour toute.

Il chercha dans la poche de sa veste en cuir, en
sortit un petit sac et l'offrit à son ami. "Désolé,
pas de chaussures, Mulder, mais je vous ai apporté
quelque chose".

Mulder attrapa le paquet de graines de tournesol avec
un sourire. "Ah, Walter, vous *savez* ce que j'aime.
Comment avez vous réussi à passer ça sous le nez
du troisième Reich ?".

"C'était un compromis", Skinner répondit, tendant à
Mulder une bouteille d'eau sortie de son autre poche.
"J'ai tout demandé - votre libération, votre libération
sous ma responsabilité, une libération sous caution,
un changement de prison, même un changement de
vêtements. J'ai *obtenu* des graines de tournesol."

"Vous êtes un maître de la négociation". Mulder se mit
à rire et plaça le sac de cellophane sous ses dents. Il
l'ouvrit et tapota l'espace vide près de lui sur le sol.
"Asseyez vous, Monsieur. J'aurai préféré vous offrir
quelque chose de plus confortable, mais en ce moment
je n'ai rien d'autre."

"Je suis désolé de ne pas vous avoir obtenu plus de
confort". Skinner enleva sa veste et s'assit près de
Mulder contre le mur. Il plaça la boite à chaussures
sur le sol entre eux d'eux.

"Ca va", Mulder répondit en craquant une graine entre
ses dents. "Ce n'est pas si mal. Comparé au cercueil que
j'ai fréquenté, c'est une chambre au Ritz".

Skinner frissonna au souvenir de ce soir là à Raleigh.
C'était dur de croire que le même homme dont le
corps décomposé avait été exhumé de ce cercueil était
le même à qui il parlait maintenant. Mulder avait
échappé à la mort plus d'une fois ; Skinner espérait
que la chance ne le quitterait pas maintenant.

"Scully vous dira aussi que certains hôtels étaient
pire que ça pendant les huit années où nous avons
travaillé ensemble", Mulder continua. Il prit une longue
gorgée à la bouteille et salua Skinner à la manière d'un
toast. "Merci, Monsieur, vous avez pensé à tout. Je savais
que j'avais demandé à la bonne personne pour m'aider à
me sortir de cette situation de merde".

"La meilleure façon que j'ai de vous aider, Mulder, est
de vous trouver un vrai avocat". Skinner continua à
parler, alors que Mulder secouait la tête. "Ne dites
pas non avant que vous m'ayez écouté. C'est une des
choses dont j'ai à vous parler. Ca va mal, Mulder,
vraiment mal. C'est de la folie que j'essaye de vous
défendre. Vous avez besoin d'un professionnel.
Quelqu'un qui connaît les ficelles de la loi."

"Je préfère quelqu'un qui connaît la vérité", Mulder
rétorqua. "Plus important, je veux quelqu'un en qui
j'ai confiance. Vous répondez aux deux critères".

Skinner soupira d'exaspération. "Vous auriez plus de
chance avec un véritable avocat".

Mulder se mit à rire doucement. "Monsieur, vous
savez et je sais que je n'ai aucune chance. Je
pourrais avoir les meilleurs avocats auprès de moi
que ça ne changerait rien. Je prévois ce qui va
se passer."

"Mais Mulder..."

"Ca n'a rien à voir avec ma culpabilité ou mon
innocence. C'est pour taire la vérité". Mulder
gratta sa barbe naissante. "Vous m'avez sauvé la
vie plus d'une fois, mais cette fois ci vous ne
pouvez pas. Personne ne peut. Ce que je veux que vous
fassiez c'est de vous assurer que la vérité soit révélée. Et
quand le verdict tombera et que la peine de mort sera
prononcée, au moins je saurai que tout ce que nous avons
perdu - vous, moi, Scully, nos familles - ne le sera pas
en vain."

"Mulder, même si vous êtes reconnu coupable, la
peine de mort n'est pas une certitude.

Mulder mit une autre graine dans sa bouche. " Je
pense que si. Mais je n'ai pas peur de mourir. Après
tout, ce ne sera pas la première fois." Il fit un
clin d'oeil et cracha la coquille dans sa main,
riant à l'expression peinée de Skinner. "Et cette
fois, je pense qu'ils prendront toutes les
précautions pour que je *reste* mort. Ce qui importe
maintenant c'est la vérité. Une fois qu'elle sera révélée,
peu m'importe ce qu'il m'arrivera."

Skinner secoua la tête. "C'est là où vous avez tort,
Mulder. Des gens se font du soucis pour vous. Et si
vous ne voulez pas essayer de vous battre pour vous,
pensez à Scully."

"J'y pense. J'y ai pensé." Mulder prit une autre gorgée.
"Je ne pense *qu'à* elle. Elle sera mieux sans moi dans
sa vie une fois pour toute."

"Continuez à penser cela et vous finirez par y
croire. Mais j'en doute," Skinner répondit.

Mulder posa les graines de tournesol et la bouteille
d'eau près de la boite à chaussures et encercla sa
poitrine de ses bras. "Scully a passé trop de temps
à se battre contre des moulins à vent avec moi. Elle mérite une
vie normale. Quand je ne serai plus là, elle l'aura enfin.
J'ai honte de penser que je lui ai apporté tant ennuis, mais
je suis heureux d'avoir pu lui donner au moins une
bonne chose, un petit bout de bonheur."

"Mulder ..."

"Je sais que je vous ai déjà demandé beaucoup, Monsieur,
mais je veux que vous me promettiez une dernière chose."
Mulder tourna la tête vers Skinner, le regardant droit
dans les yeux. "Ne laissez pas Scully amener William
ici. Je sais qu'on dit que les enfants de cet âge ne
se rappellent rien, mais je ne veux pas prendre le risque.
Je ne veux pas que cette cellule soit le seul souvenir
que William ait de moi."

"Mulder ..."

"Quand la sentence sera prononcée, ma dernière requête
sera d'avoir quelques minutes avec ma famille, pour
prendre mon garçon dans les bras en dehors de cette
cellule. Je veux être habillé avec mes propres
vêtements. Je veux porter mon blouson de cuir une
dernière fois, et je veux que Scully le garde pour
William. Je vais écrire une lettre que je glisserai
dans la poche. Je veux qu'il sache combien je l'aime
et combien j'aurai voulu avoir la chance d'être un père
pour lui."

"Mulder, je vous en prie ..."

Mulder prit le sac de graines et le montra à Skinner.
"Walter, vous m'avez obtenu ça ; j'attends de vous que
vous usiez du même talent de négociation pour m'obtenir
ce que je demande. Ca ne devrait pas être si difficile.
Avec la promesse d'être débarrassé de Fox Mulder une
bonne fois pour toutes, même ces bâtards aux coeurs
endurcis ne pourront pas me refuser mon dernier voeu."

"Mulder, arrêtez!"

Le ton sec de Skinner le surprit et Mulder cligna
des yeux, étonné. Il n'y avait pas de moyen de le
dire facilement. Skinner prit une inspiration
profonde et s'éclaircit la gorge. "Mulder, je vous
ai dit que votre procès était l'une des choses dont
je voulais vous parler. Mais j'ai quelque chose
d'autre à vous dire."

Mulder fit tomber le sac de graines. "Qu'est ce qui ne va
pas ? Ca a à voir avec Scully ? Avec William ?"

Skinner s'humidifia les lèvres et regretta de ne pas avoir
apporté une bouteille d'eau pour lui même. Sa
bouche était sèche comme le désert. "Mulder, je ne
sais pas comment vous dire ça, mais je pense que
ce sera plus facile pour vous et Scully si vous
l'entendez de ma bouche."

"Quoi ?"

La voix de Mulder se réduisit à un murmure. "Qu'essayez
vous de me dire, Monsieur ?"

"Scully a donné William pour être adopté."

Les mots restèrent en l'air entre eux, et Skinner
put jurer qu'à cet instant, il vit l'âme de Fox
Mulder s'évaporer. Ses yeux, quelques instants plus
tôt brillants et vivants, en dépit de la situation,
étaient maintenant mornes et sans vie.

Ils restèrent assis en silence, Mulder regardant
ses pieds et Skinner faisant de même, jusqu'au moment
où un mot brisa le silence.

"Pourquoi ?"

* * * * * * *

Cette simple question n'avait pas de réponse simple.
Skinner passa l'heure suivante à tenter
d'expliquer, même s'il n'était pas sûr lui même
de tout comprendre .

Il fit part à Mulder de la découverte du bateau de la
Navy où des ovaires humains étaient manipulés ; de
Shannon McMahon et de sa conviction que l'eau contenait
des additifs de fertilisation et que des grossesses
étaient déclenchées sur des populations innocentes ;
des craintes de Scully d'avoir été utilisée comme
cobaye dans des expérimentations similaires ; et de
son anxiété concernant les facultés télépathiques de
William.

Il décrivit l'incroyable confiance de Scully envers
Patti, qui déclarait avoir un enfant comme William,
ce qui la poussa à demander à Mulder de revenir à
la maison ; il lui décrivit le super soldat qui
utilisa Patti et son mari pour faire tomber Mulder
dans un piège, un homme qui déclara à Scully que
soit Mulder soit William devaient mourir, un homme
qui s'était désintégré sous les yeux même de Scully.

Il expliqua comment William avait été kidnappé par
une secte croyant aux extra-terrestres, et qui le
voyait comme un sauveur qui aiderait à stopper
la colonisation même si son père devait mourir,
comment le leader du culte avait demandé à Scully
de choisir entre Mulder et William, et comment un
agent félon du FBI avait essayé de tuer William pour
stopper la prophétie de la secte.

Et pour finir, il relata à Mulder le retour de
Jeffrey Spender, horriblement défiguré, qui avait
tenté de se faire passer pour son demi-frère, et
qui avait pris des mesures drastiques pour être
sûr que William ne serait plus longtemps utilisé
comme un pion dans un jeu qui avait détruit tant
de vies depuis plus de cinquante ans.

"A croire que la résurrection est une tradition dans
la famille."

Skinner était soulagé d'avoir finalement une réponse.
Alors qu'il relatait les faits de l'année écoulée, Mulder
n'avait pas prononcé une parole. Il était resté les
bras serrés contre lui, mâchouillant sa lèvre inférieure
et les yeux rivés vers le mur opposé de la cellule.
En voyant la réaction de Mulder, Skinner était sûr
d'avoir pris la bonne décision en annonçant la
nouvelle lui même. Le silence oppressant aurait
poussé une Scully déjà fragilisée au désespoir.

Skinner soupira. "Jeffrey insinuait que William ne
serait jamais en sécurité, et Scully commença à
avoir des doutes..."

"Non!" La colère de Mulder fit enfin surface. "Il n'y
a pas de doute à avoir. William est *notre* enfant, à
Scully et à moi. Notre chair et notre sang, conçu de
la bonne vieille manière."

"Je *sais* cela." Skinner répondit, plaçant une
main sur l'épaule de Mulder. "Et Scully le sait
également. Je veux dire qu'elle avait des doutes
envers elle même. Elle a été en proie à des émotions
terriblement fortes depuis deux ans. Cette fois, elle
avait vraiment peur de ne jamais vous revoir, et
pensait qu'elle ne pouvait pas élever et protéger
William seule."

Mulder se couvrit le visage de ses mains. "Pourquoi
n'a t'elle pas essayé de me contacter, pour me
dire ce qui se passait ? J'aurais pris le premier
avion pour la rejoindre."

"Je le lui ai demandé, plusieurs fois." Skinner répondit.
"Mais elle avait peur pour vous aussi. Peur qu'ils vous
tuent, tous les trois, si vous reveniez. Elle décida
qu'elle ne pouvait pas prendre ce risque. Elle n'était
pas sûre que William soit en sécurité, mais elle sentait
qu'il aurait de meilleures chances de survie sans elle.
Elle m'a donc demandé d'arranger une adoption."

Mulder releva la tête. "Pourquoi vous ?"

"Scully pensait que ce serait la meilleure chose pour
William, mais elle savait aussi qu'elle ne pouvait
pas prendre le risque de le confier à une agence
d'adoption classique." Skinner enleva à nouveau
ses lunettes et se frotta les yeux avec le revers
de sa main. "Dana sentait qu'elle avait déjà fait
trop d'erreurs, en ne plaçant pas sa confiance
dans les bonnes personnes. Elle avait peur de faire une
autre erreur, alors elle m'a demandé de prendre les
choses en main. Ce dont elle a peur maintenant est
que vous soyez incapable de lui pardonner. "

Mulder baissa la tête et secoua la tête. "Je n'étais
pas là. Je n'ai pas le droit de mettre en cause
ses décisions. J'essayais de sauver ma peau alors
que j'aurais du être là pour Scully et notre fils."

"N'ayez pas de regret," Skinner répondit, remettant
ses lunettes. "Vous avez tous les deux fait ce que
vous aviez à faire. Il n'y a pas moyen de savoir
ce qui se serait passé si vous étiez resté".

"J'ai failli revenir quand j'ai su pour les Lone
Gunmen", Mulder dit calmement. "J'aurai du le faire.
Peut être les choses auraient tourné autrement."

Skinner laissa échapper un soupir de soulagement,
heureux de ne pas avoir à délivrer une autre mauvaise
nouvelle. "Vous êtes au courant."

Mulder acquiesça. "Ca a fait la une des journaux,
même au Nouveau Mexique." Il étendit ses jambes
devant lui, et croisa ses bras sur sa poitrine.
"Merci d'avoir arrangé leurs enterrements à Arlington.
Je sais que c'est grâce à vous."

Skinner sourit tristement. "C'était la moindre des
choses." Il fit une pause, puis demanda, "Alors
c'était là que vous étiez ? Au Nouveau Mexique ?"

"Oui," dit Mulder. "Il y a un peu moins d'un mois,
j'ai reçu un passe et un mystérieux message à propos
de quelque chose que je trouverais à Mount Weather."
Mulder tirailla sa lèvre inférieure avec son pouce et
son index. "Maintenant je suspecte que ce n'était pas
une coïncidence. William est adopté et presque
immédiatement je reçois un message qui me pousse à
sortir de l'ombre. Quelqu'un tire encore les ficelles."

Skinner espéra, sans conviction, que Mulder avait tort.
"Avez vous trouvé ce que vous cherchiez à Mount Weather ?"

"Ca n'a plus aucune importance maintenant."

Mulder appuya sa tête contre le mur froid et continua
à malmener sa lèvre, puis regarda Skinner.

"Savez vous où se trouve William ?"

Skinner passa une main sur son crâne chauve et
se gratta la gorge. Depuis qu'il avait décidé
de révéler son engagement dans l'adoption de William,
il savait que la question allait lui être posée.
"Oui, je le sais", répondit t-il. "Sur le papier,
l'adoption de William ressemble à une procédure standard.
Les documents indiquent qu'il a été placé chez un couple
qui tentait d'adopter depuis des années. Mais en
réalité, tout s’est fait différemment."

"Et c'est moi qu'on dit paranoïaque."

Skinner sourit. "J'ai demandé à un de mes amis et à
sa femme de prendre William en charge. C'est quelqu'un
que je connais depuis toujours. Nous avons grandi ensemble,
avons été à l'école ensemble, avons joué ensemble au
football, nous nous sommes engagés ensemble, lui a
choisi l'armée et moi les Marines. Il était dans les
forces spéciales, les Bérets Verts. Après son service,
il est rentré au pays pour travailler à la ferme
familiale, puis s'est marié et lui et sa femme
ont acheté leur propre ferme. Il ressemble à monsieur
tout le monde, mais il peut tuer un homme à mains nues.
Je lui fais confiance sur ma vie. Je lui fais confiance pour
la vie de William."

Mulder secoua la tête et Skinner continua. "Mon ami
et sa femme savent que William est spécial, et savent
que des personnes lui veulent du mal. Ils comprennent
les risques et sont préparés à faire leur possible pour
que William reste en sécurité. Quand il sera assez âgé,
ils veulent qu'il sache pour vous et Scully et ils
veulent que vous soyez une part importante de sa vie.
Ils ont une grande ferme, dans un endroit isolé,
de l'air pur et des grands espaces pour que William
grandisse heureux. "

Mulder grimaça. Après ce qu'il avait appris dans
le centre de commandement de Mount Weather, il
espérait que William ait une chance de grandir tout
court. Il ravala l'émotion qui était sur le point de
le submerger et masqua sa tristesse avec une plaisanterie.

"Ces gens ne s'appellent pas 'Kent', par hasard ?"

Skinner sourit une nouvelle fois. "Je suis vraiment
sûr que William est aussi en sécurité qu'il peut l'être.
Mais ça ne veut pas dire que nous n’aillions pas pris
toutes les précautions. Si mes amis suspectent quoi que
ce soit, ils me contacteront immédiatement. Si quelque
chose m'arrive et qu'ils ne peuvent me joindre, j'ai
pris d'autres arrangements."

Mulder haussa les sourcils.

"Les Navajos," dit Skinner. "J'ai parlé au neveu
d'Albert Hosteen, Eric. Si mes amis ne peuvent pas
me contacter, et qu'ils sentent que William est
en danger, ils contacteront Eric ou l'un deux, et
William sera mis en sécurité dans la réserve. Les
Navajos feront tout ce qu'ils pourront pour protéger
William, et je sais qu'ils savent garder des secrets."

'Même envers moi' Mulder pensa en regardant à terre.
Il avait vécu dans la réserve pendant presque un an,
vu Eric au minimum une ou deux fois par semaine,
avait dîné avec lui et sa femme la nuit précédant
son départ pour Mount Weather, et son ami ne lui
avait jamais rien dit. "Ils le protégeront," murmura
Mulder. "Comme ils m'ont protégé."

Mulder posa ses coudes sur ses genoux et plaça son
menton entre ses mains. Sa mâchoire se contracta
plusieurs fois puis il se retourna vers Skinner. "Est ce
que Scully est au courant de tout cela ?"

"Scully me m'a jamais demandé de détails concernant
l'adoption de William," Skinner répondit. "Je pense
lui en parler, mais ce n'est jamais le bon moment.
Eric m'a promis que si les choses tournaient mal,
ils feraient tout pour la joindre et la protéger elle
aussi."

Skinner se rapprocha de Mulder et baissa le ton de
sa voix. "Une autre chose que je n'ai pas dit à
Scully est que toutes les informations concernant
l'adoption de William sont contenues dans un coffre
à la Banque Craddock Marine sur la 8ème rue sous le
nom de Georges Hale. Le coffre n'est accessible qu'à
vous et à Scully. Il requiert vos empreintes et un
mot de passe." Skinner pointa la bouteille d'eau
posée entre eux deux. "Si vous y réfléchissez, le
mot de passe vous apparaîtra *limpide*".

Mulder sourit à l'idée de Skinner imaginant un
plan qui aurait rendu Frohike fier. Il prit la
bouteille d'eau Limpide et pour la première fois
remarqua l'inscription écrite à côté de la date de
péremption.

JEVEUXCROIRE1013

Mulder fixa le mot de passe quelques secondes,
ôta la capsule et but une autre gorgée d'eau.
"Merci, Monsieur," dit-il, essuyant sa bouche
du revers de la main. "J'apprécie tout ce que
vous avez fait pour moi, et j'apprécie que vous
ayez fait en sorte que Scully soit en mesure de
revoir William."

"Pour que *vous* le revoyiez, Mulder."

"J'ai peur de ne pas être aussi optimiste que vous,
Monsieur.", dit Mulder. "Je sais ce que je fais et
je suis préparé aux conséquences. J'admets que je
me sentais mieux quand je pensais que Scully avait
William pour la soutenir moralement. Mais ça ne
change rien quant à ce que j'ai à faire."

"Tout n'est pas terminé, Mulder,", dit Skinner.
"Je pense toujours que vous seriez mieux dans
les mains d'un vrai avocat, mais si vous insistez
pour que je vous représente, je vais faire tout
mon possible pour vous sortir de là, d'une façon
ou d'une autre. Donc souvenez vous bien de tout
ce dont je vous ai parlé, car ces informations vous
seront utiles un jour."

Mulder secoua la tête et sourit. "Je m'en souviendrai.
Mais j'espère que vous ne m'en voudrez pas si je couvre
toutes mes bases. Non pas parce que je doute de vos
facultés ou de vos convictions, Monsieur, mais
parce que je pense que le jeu est faussé et qu'il
n'y a pas moyen de gagner."

"Si je suis sûr d'une chose," Mulder continua, "c'est
que dans mon cas la procédure sera rapide. Quand le
verdict sera prononcé, je suis pratiquement certain
que la justice sera rendue rapidement."

"Beaucoup de mots me viennent à l'esprit pour
décrire ce qu'ils vous font subir, Mulder,
mais le mot *justice* n'en fait pas partie."

"Vous savez ce que je veux dire, Monsieur," Mulder
répondit. "Je veux dire que je n'aurai pas beaucoup
de temps, et que je dois être préparé à cette
éventualité."

Skinner acquiesça de la tête. "Je sais."

Mulder s'éclaircit la voix. "Je veux que William ait
ma veste. Et je veux lui écrire une lettre. Pour quand
il sera plus vieux. Vous pensez que ça va aller ? Je veux
dire, pouvez vous vous assurer qu'il aura cela ?"

Les yeux de Skinner se voilèrent de tristesse. Il
ne voulait pas encourager Mulder à accepter la
défaite, mais il savait qu'il était important pour
lui de le rassurer si les choses tournaient mal.
"Écrivez la lettre. J'en prendrai soin."

"Et juste au cas où je n'aurai pas la chance de le
dire à Scully... faites en sorte qu'elle sache..."
Mulder fit une pause un moment pour regrouper ses
pensées. "Faites en sorte qu'elle sache qu'elle
n'a pas de raison d'avoir des doutes. Je ne sais
pas ce que Jeffrey pense avoir fait à William,
mais il n'y a rien à "soigner". William est
exactement comme ce que nous avons vu avant -
plus humain qu'humain. Les aliens ne sont pas
intéressés par William pour ce qu'il est ou pour ce qu'il
n'est pas. Ils sont intéressés par celui qu'il va
devenir."

Skinner se gratta l'oreille. "Je ne vous suis pas."

"William est né d'une mère stérile, un miracle
qui n'aurait pas du avoir lieu. Il est la preuve
qu'il y a quelque chose de plus grand que nous, et
plus important plus grand qu'eux. C'est de *cela*
dont ils ont peur."

"Je ne vous suis toujours pas. Parlez vous de Dieu ?"

"Dieu, une force supérieure, une sorte d'entité
spirituelle. Il est possible que le vaisseau que
Scully a découvert en Afrique soit une manifestation
de cette force. Peut être que son exposition à cette
chose a restauré sa fertilité, je ne sais pas.
Quoi qu'il soit arrivé, Scully et moi avons été choisis
pour être bénis par ce miracle - William. Peut être
est il la preuve que l'amour est plus fort que tout.
Peut être est ce un cadeau de Dieu."

Mulder secoua la tête devant l'expression étonnée de
Skinner. "Quoi ? Vous ne croyez pas cela possible ?"

"Oh, je pense que c'est possible," dit Skinner. "J'ai
juste du mal à croire que *vous* y croyez."

Mulder se mit à sourire. "Ironique, n'est ce pas ?
Scully a ouvert son esprit aux possibilités
extrêmes juste au moment où j'ai rencontré la
religion. Nous ne pouvons décidément pas être
en phase tous les deux !"

Skinner réfléchissait aux révélations qu'il avait
entendu quand la voix de Mulder interrompit ses
pensées.

"Alors, qu'y a t'il dans la boite ?"

Skinner soupira profondément et poussa la boite
près de Mulder. "Des choses qui, je pense, doivent vous
revenir"

Mulder haussa les épaules à la réponse énigmatique de
Skinner, prit la boite et la plaça sur ses cuisses.
Il lui fit un clin d'oeil en soulevant le couvercle.
"J'espère que ce sont mes numéros de PlayBoy. Apparemment
ils ne me les ont pas fait suivre."

Le sourire s'effaça de ses lèvres lorsqu'il ôtâ
le papier de soie qui recouvrait les objets contenus
dans la boite. Sa bouche devint sèche, si sèche qu'il
eut du mal à avaler, et il dut se souvenir de respirer.
Il regarda dans la boite, sans bouger, pour ne pas
déranger les souvenirs placés avec amour - mémoire
d'évènements qu'il avait manqué et d'opportunités
qu'il n'aurait jamais plus.

Il prit une grande inspiration, attrapa sa lèvre
supérieure avec ses dents, et plongea la main dans
la boite remplie de souvenirs de William.

Skinner ferma les yeux et écouta alors que Mulder
dépliait un document, premier objet dans la boite.

"William Scully Mulder." Mulder replia la copie
du certificat de naissance et s'essuya le coin des yeux.
"Je ne savais pas qu'elle lui avait donné
mon nom."

"Vous êtes son père."

"Père," Mulder répéta. "Quand je suis parti l'année
dernière, je ne pensais pas que j'étais prêt à
être le père de quiconque. Mais pendant que j'étais
au Nouveau Mexique... je... et bien, j'ai appris
beaucoup de choses sur moi même. Je pense que j'étais
finalement prêt. Je pense que j'aurai pu devenir un
bon père."

Skinner sourit et serra l'épaule de son ami, puis
ferma les yeux à nouveau alors que Mulder replongeait
sa main dans la boite, ramenant les objets les uns
après les autres.

Une gourmette en argent gravée avec les initiales
'WSM’.

Une mèche de cheveux bruns dans un ruban bleu.

Un petit tee shirt des Knicks et des Nike de bébé.
Mulder se souvenait d'avoir vu le tee shirt en
faisant du shopping après un des cours d'accouchement
sans douleur et qu'il avait plaisanté en lui disant
qu'il allait l'acheter, que ce soit une fille ou
un garçon. Il n'avait jamais eu la chance de le
faire, mais apparemment Scully n'avait pas oublié.

Il traça lentement le numéro inscrit sur le devant
du vêtement avec ses doigts, puis le posa près de
lui pour prendre l'objet suivant. Il prit le
pull bleu à deux mains, puis le porta à son visage.
Il respira profondément le vêtement encore
imprégné de l'odeur de son fils.

"ll m'a tant manqué," dit Mulder, les yeux fermés,
le pull contre sa joue. "Ils m'ont tant manqué tous
les deux". Il n'y avait pas de larmes dans ses yeux,
seulement des regrets.

Il respira à nouveau l'odeur de William, puis
replaça le pull avec douceur dans la boite avant
d'en sortir le dernier objet. L'enveloppe contenait
une demi-douzaine de photos de William avec
Scully, chacune prise à différents mois de l'année
passée. Les photos montraient des scènes de la vie
ordinaire, des simples joies qu'il avait manqué -
Scully nourrissant William, lui lisant une histoire,
lui donnant un bain, le posant dans son berceau.

"Mon dieu, il est devenu si grand," dit Mulder en
secouant la tête et en essuyant à nouveau quelques
larmes. Il montra une des photos à Skinner. "Regardez
ce pyjama. C'était un cadeau de Frohike quand William
est né. Je me souviens qu'il arborait des soucoupes
volantes, des étoiles et des lunes."

"Je sais," répondit Skinner. "Quand William a grandi
un peu, c'est devenu son favori."

Mulder regarda à nouveau les photographies, puis
les replaça toutes sauf une dans l'enveloppe. C'était
la photographie la plus récente du lot, mais qui
aux yeux de Skinner n'était pas la plus émouvante -
Scully assise sur une chaise avec William sur
ses genoux - mais Mulder semblait fasciné par
le cliché.

"Mon père avait une photographie dans son portefeuille
pratiquement identique à celle ci," dit-il tristement.
"Une photo de ma mère me portant sur ses genoux. Je
devais avoir à peu près un an. Quand j'ai vidé sa
maison, j'ai trouvé son portefeuille et cette photo
était toujours là, après toutes ses années. Je me
demande encore aujourd'hui pourquoi."

Skinner regarda la photo, puis Mulder. "Saviez vous
que Jeffrey était... Je veux dire, vous savez que
Spender était votre père biologique ?"

Mulder renversa sa tête contre le mur et
soupira profondément. "Je le suspectais. J'ai même
demandé à ma mère un jour et elle m'a giflé. Je
suppose qu'alors j'en étais sûr, mais je ne voulais
pas y croire. J'aurais pu faire des tests, pour
en finir, mais je ne l'ai jamais fait."

Mulder remit la photo dans l'enveloppe et replaça
tous les objets avec amour dans la boite. "Les choses
ont changé entre mon père et moi après l'enlèvement
de Samantha. J'ai toujours pensé que c'était à cause
du stress et de la douleur, ou même juste à cause
de l'éloignement normal des ados et des parents à
cette période. Plus tard j'ai réalisé que c'était
probablement parce ce que mon père savait qu'il élevait
le fils d'un autre."

Mulder mit le couvercle en place fermement. "Maintenant
un autre homme élève *mon* fils," murmura t'il. "Le vieux
fumeur m'a dit un jour que lui et moi étions semblables.
Je commence à penser qu'il avait raison."

Skinner prit son attitude de Directeur Adjoint. "Si
jamais je vous entends dire une chose aussi stupide
encore une fois, Mulder, je vous botterai le cul."

Mulder se mit à rire doucement. "Vous auriez raison."

"Comptez sur moi." Skinner regarda sa montre et
regarda Mulder. "Je vais y aller. J'ai beaucoup
de dossiers à lire ce soir si je veux être prêt
demain matin."

Skinner se leva doucement, son dos et ses jambes
lui rappelant qu'il n'était plus tout jeune. Il
remit sa veste et attendit alors que Mulder finissait
la bouteille et laissait quelques graines de tournesol
sur le sol.

"Scully va venir vous voir demain matin," dit-il,
remettant dans ses poches la bouteille d'eau et le
sac de graines que Mulder lui tendait. "Je sais
que ce n'était pas forcément à moi de le dire, mais
je pense que ce sera plus facile pour vous deux."

"Vous avez bien fait, Monsieur. Merci." Mulder laissa
courir ses doigts sur le couvercle de la boite. "Et
merci pour ça - pour avoir sauvé ces objets pour
moi."

"J'ai été heureux de le faire, Mulder."

Mulder se leva et prit la boite entre ses mains, la
serrant fort avant de la tendre à Skinner. "J'ai une
dernière faveur à vous demander, Monsieur," dit-il
calmement. "Voulez vous vous assurer qu'elle soit
enterrée avec moi ?"

"Mulder ..."

"Je vous en prie, Monsieur, ne rendez pas les choses
plus difficiles qu'elles ne le sont déjà." Mulder
remit la boite dans les mains de Skinner, sa voix
rendue grave par l'émotion. "Promettez moi, s'il vous
plait, que vous le ferez."

"D'accord, Mulder." Skinner mit la boite sous son bras.
"Quand le temps sera venu, je le ferai. Mais
j'espère que ce sera dans très très longtemps. Vous
m'avez dit que vous avez trouvé la foi en une force
supérieure, Mulder. N'abandonnez pas cette foi
maintenant. Un miracle est toujours possible."

Mulder se força à sourire. "J'ai dit la même chose
à Scully un jour et nous avons eu notre miracle.
Je pense qu'il y a une limite à tout.”

"Oh ça je ne sais pas. Vous étiez un homme mort,
Mulder. Et maintenant vous êtes bien vivant."

"Je pense que je dois *vous* remercier pour ça,"
dit Mulder. "Pas Dieu."

"Les voies du Seigneur sont impénétrables," Skinner
répondit alors que les deux hommes se dirigeaient
vers la porte de la cellule. "Quelque soit le responsable,
je ne pense pas que vous avez été remis sur cette terre
pour finir ainsi. Je pense que vous avez encore
des choses à accomplir, et je pense que vous serez
là pour les faire. Je pense aussi qu'un jour vous
donnerez cette veste de cuir à William de vos
propres mains."

Skinner frappa la porte trois fois et appela le garde,
puis se tourna vers Mulder. "Essayez de vous reposer
un peu, d'accord ?"

"Oui, Monsieur, vous aussi." Mulder lui tendit
la main. "Merci encore, Monsieur. Pour tout."

Skinner retourna sa poignée de main et pressa l'épaule
de son ami.

"Je vous vois demain matin."

*Click*

Le corps de Mulder se raidit et il se prépara à la
familière sensation de peur, mais à sa grande surprise,
elle ne vint pas, sans aucun doute grâce à la main
rassurante qui était toujours posée sur son épaule.
Il eut un soupir de soulagement. "Bonne nuit, Monsieur.
Je vous verrai demain."

Skinner fit un pas à l'extérieur de la cellule puis
se retourna. "Je me souviens d'avoir lu ça un jour.
'Tous les matins ont deux issues. Nous pouvons
prendre le chemin de la peur, ou le chemin de la
foi.' Gardez ça en mémoire, Mulder. Bonne nuit."

La porte se ferma bruyamment et les gardes entraînèrent
Skinner vers la sortie. Il les suivit sans conviction,
tenant fermement la boite contre lui alors qu'il
cherchait dans ses poches les clés de sa voiture.
Ce serait un long trajet pour rentrer, mais il
était persuadé qu'il trouverait un moyen pour faire
libérer Mulder. Demain serait la première étape, et maintenant
il savait comment aborder le lendemain.

FIN


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